CHANGEMENTCLIMATIQUE

Se focalisant sur l’intégration des dimensions sociales, politiques et économiques dans la politique climatique, ce programme de travail vise à développer des stratégies qui rendent les interventions climatiques plus efficaces et socialement acceptables. Nous fournissons un soutien politique pour garantir que les actions climatiques soient inclusives et s’attaquent aux causes profondes des défis environnementaux.

En termes de soutien aux politiques liées au changement climatique, l’équipe propose de se concentrer sur les sujets interdépendants suivants, qui nous permettent d’apporter un soutien à la fois aux programmes de développement spécifiques à chaque pays par les acteurs belges, et à un soutien plus général aux politiques stratégiques.

Le lien entre le changement climatique, les conflits et les migrations

Les relations entre le changement climatique et, respectivement, les conflits et les migrations, sont source de préoccupation depuis longtemps. Un nombre croissant d’études, y compris des analyses récentes de données probantes, montrent clairement que cette relation n’est généralement pas simple et qu’elle est plus complexe qu’on ne le suppose souvent (Selby & Daoust 2021).

En ce qui concerne le lien entre le climat et les conflits, la notion de changement climatique en tant que multiplicateur de menaces, plutôt que de cause de conflit, a gagné du terrain. Cependant, comme le montre l’étude de cas menée dans le cadre du KLIMSEC PSR par les membres de l’équipe centrale et du consortium proposés (Mudinga et al., à paraître), de telles conceptualisations n’ont de sens que lorsqu’elles sont correctement contextualisées. Compte tenu de l’engagement de la Belgique dans des contextes fragiles et affectés par des conflits, l’équipe se concentrera sur la fourniture de connaissances fondées sur la manière dont les effets biophysiques du changement climatique interagissent avec les dynamiques sociales et/ou de conflits violents existantes dans des contextes pertinents pour les acteurs belges du développement.

Adaptation et ‘mal-adaptation’

Lorsque les interventions d’adaptation, mais aussi les interventions de développement « ordinaires », produisent des effets négatifs en termes de risque climatique et/ou en termes de bien-être général et de vulnérabilité des personnes dans les milieux affectés par le changement climatique, cela peut compliquer les formes existantes de friction sociale, d’inégalité et de vulnérabilité (GIEC AR5 ; Jones et al., 2015 ; Schipper, 2020). Tant en ce qui concerne le lien entre le climat et la sécurité que le lien entre le climat et les migrations, des études récentes mettent en évidence le rôle de la « mauvaise adaptation » comme facteur pouvant contribuer à la conflictualité et aux déplacements dans les contextes fragiles et affectés par les conflits (Selby & Daoust 2021 ; Black et al. 2021). En nous appuyant sur les récentes études sur la maladaptation (Gonda, 2016 ; Rao et al., 2019), nous voulons sensibiliser davantage à la manière dont les résultats inadaptés peuvent être détectés tôt et évités grâce à des programmes bien informés et fondés sur des preuves.

Pertes et dommages

La question des pertes et dommages (P&D) est désormais au premier plan des débats sur la politique climatique. Si les discussions conceptuelles et juridiques internationales autour des autres piliers de la politique climatique – l’atténuation et l’adaptation – sont désormais bien avancées, ce n’est pas le cas pour les P&D, et la question s’est avérée controversée entre le Nord et le Sud au sein de la CCNUCC. Nous considérons que l’élaboration de politiques en matière de pertes et préjudices est essentiellement une question de justice environnementale/climatique, et nous aspirons à produire des idées susceptibles d’éclairer la manière dont les politiques et les ressources en matière de pertes et préjudices peuvent être exploitées de manière à reconnaître et à traiter les inégalités multi-scalaires causées par le changement climatique. L’équipe aspire à contribuer à approfondir la compréhension des décideurs politiques sur la manière dont les pertes et les dommages associés aux effets néfastes du changement climatique affectent les pays en développement particulièrement vulnérables. S’inspirant des appels à déplacer le débat du domaine de la diplomatie climatique internationale aux réalités nationales (Calliari & Vanhala 2022), nous mènerons des études de cas dans des contextes affectés, en reconnaissant les facteurs structurels, sociaux et politiques qui aggravent les réalités des pertes et dommages liés au climat, et, en même temps, mettre en avant les perspectives communautaires et autochtones sur la façon dont les impacts climatiques soudains et à évolution lente créent des dommages irréparables et réparables, y compris des pertes non économiques et des dommages aux cultures et aux modes de vie. En plus de cette recherche originale, nous fournirons, par le biais d’une analyse documentaire, un aperçu complet de l’état de l’art en matière de L&D, en démêlant les différentes conceptualisations évolutives de la L&D et leurs implications politiques potentielles.

Les sujets abordés dans ces trois groupes de travail sont basés sur notre hypothèse centrale (nous avons besoin de plus d’informations sur les préoccupations locales et nationales, et d’outils adaptés aux deux niveaux, pour mieux intervenir dans les pays partenaires). Par conséquent, ces groupes de travail se concentrent sur la nécessité de comprendre les pratiques et les rationalités locales et nationales ainsi que d’autres facteurs structurels pour comprendre pourquoi les pratiques de durabilité ne sont pas encore répandues et ce qui peut être fait pour remédier à ce problème.